Jusqu'ici, le zéro-clic était un sujet de spécialistes du référencement. Il vient de changer de nature : il est devenu un contentieux. Le 11 août 2026, l'Alliance de la presse d'information générale (Apig), qui représente plus de 300 titres, a saisi l'Autorité de la concurrence après le déploiement en France des Aperçus IA et du Mode IA de Google. Pour un dirigeant réunionnais, ce n'est pas une querelle de médias : c'est le signal que la valeur captée par les résumés IA est désormais assez importante pour finir devant un régulateur.
Cet article, deuxième volet de notre dossier sur la vie après le zéro-clic, explique ce que dit ce contentieux du risque pour votre trafic, et comment le diagnostiquer chez vous.
Ce que reproche la presse à Google
Les Aperçus IA s'appuient sur les modèles Gemini pour afficher, en tête des résultats, un résumé construit en partie à partir des contenus des éditeurs. Le grief central de l'Apig n'est pas « l'IA, c'est mal ». Elle demande à l'Autorité d'obtenir « le respect par Google des engagements pris en 2022 », estimant que « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée », méconnaît ces engagements.
Ces engagements découlent de sanctions passées au titre du droit voisin (des amendes de 500 millions d'euros en 2022 et 250 millions d'euros en 2024). L'Apig prend soin de préciser qu'elle ne cherche pas à arrêter l'innovation, mais à obtenir une rémunération correspondant à la valeur créée grâce à ses contenus. Comme le résume son président Marc Feuillée, les éditeurs « demandent que cette valeur soit partagée ».
Un précédent renforce le dossier : le 8 juillet 2026, l'Autorité de la concurrence avait prononcé quatre injonctions conservatoires contre Meta, en indiquant que les contenus protégés utilisés par des résumés IA doivent faire l'objet d'une rémunération au titre du droit voisin. À la date de cet article, aucune décision n'a été rendue sur la saisine visant Google.
Pourquoi ça vous concerne, même si vous n'êtes pas éditeur de presse
La presse est en première ligne parce qu'elle vit du trafic informationnel. Mais la mécanique est la même pour une PME dont le site attire des visiteurs avec des contenus utiles. Si le résumé IA répond à la question à votre place, le clic n'arrive plus, que vous soyez Le Monde ou un artisan de Saint-Pierre.
Ce qui rend le contentieux instructif, ce sont les chiffres qu'il met sur la table. L'Apig cite une évaluation de l'Arcom faisant état d'une baisse de trafic des éditeurs de l'ordre de 33 à 38 % sur les marchés européens où la fonctionnalité est déjà active. D'autres panels convergent sur des baisses fortes du taux de clic quand un Aperçu IA est présent : Seer Interactive mesurait une chute du taux de clic organique sur les requêtes concernées (de l'ordre de 1,8 % à 0,6 % en avril 2026), Ahrefs une baisse marquée du clic en première position. Ce sont des ordres de grandeur, mesurés en dehors de La Réunion, à lire comme une tendance et non comme une prévision pour votre entreprise.
La nuance à garder en tête : ces baisses frappent surtout le trafic informationnel. Les requêtes transactionnelles et locales résistent mieux, comme nous l'avons détaillé dans notre article sur les secteurs les plus menacés par le zéro-clic.
Le symptôme à surveiller : impressions stables, clics en baisse
Le zéro-clic a une signature reconnaissable dans les données. Votre site continue d'apparaître (les impressions restent stables, voire montent), mais les clics baissent. C'est la trace d'une visibilité qui ne se transforme plus en visite : vous êtes vu, mais le résumé IA absorbe l'intention avant le clic.
| Ce que vous voyez dans la Search Console | Interprétation probable |
| Impressions stables, clics en baisse sur des pages informationnelles | Effet zéro-clic : l'IA répond à la place de la page |
| Impressions et clics en baisse partout | Autre cause (perte de positions, problème technique), à investiguer |
| Clics stables sur les pages commerciales et de marque | Zone protégée : intention d'achat et notoriété tiennent |
Ce diagnostic demande de segmenter par page, par requête et par pays, et de comparer des périodes avant et après. C'est précisément le sujet du dernier article de ce dossier, sur la mesure de sa présence IA. Attention à ne pas décider sur une seule courbe : une baisse brutale peut aussi venir d'un événement Google indépendant, comme lors de la mise à jour anti-spam d'août 2026.
Que faire, concrètement
Ne pas confondre un risque de marché avec une faute de votre site. Le zéro-clic n'est pas une pénalité : votre site n'a rien fait de mal. Inutile de le refondre dans la panique.
Mesurer avant d'agir. Identifiez les pages qui perdent des clics à impressions constantes. C'est là que se joue votre exposition réelle.
Basculer d'un objectif de trafic vers un objectif de citation et de conversion. Puisque le clic gratuit se raréfie, deux leviers comptent : être la source que l'IA cite, et convertir mieux les visites qui arrivent encore. Le premier levier relève du référencement IA, le second de l'ingénierie de votre site.
Si vous voulez savoir quelles pages de votre site sont exposées au zéro-clic et lesquelles tiennent, notre audit gratuit établit ce diagnostic. Notre page référencement IA à La Réunion explique notre méthode, et vous pouvez nous contacter pour en parler. Pour le volet visibilité classique, voir notre offre d'agence SEO à La Réunion, et pour la refonte technique, notre agence web à La Réunion.
Cet article décrit une procédure en cours devant l'Autorité de la concurrence et ne préjuge d'aucune décision. Les chiffres de trafic et de taux de clic sont des ordres de grandeur issus de sources publiques (Arcom citée par l'Apig, Seer Interactive, Ahrefs), majoritairement mesurés hors de La Réunion. Ils ne constituent ni un conseil juridique ni une prévision pour votre entreprise.