Si vous diffusez des campagnes Performance Max sur Google Ads, deux réglages viennent de changer de sens, ou vont le faire. Le premier est déjà là : depuis la fin octobre 2026, l'aide officielle de Google indique que les « vidéos récupérées » (Sourced videos) sont activées par défaut sur toutes les nouvelles campagnes. Google peut alors ajouter jusqu'à 10 vidéos par groupe d'éléments, prises sur vos réseaux sociaux, votre page de destination ou votre chaîne YouTube. Le second arrive le 4 décembre 2026 : l'extraction d'images depuis vos pages sera activée par défaut sur toute nouvelle campagne Performance Max, même si vous l'aviez coupée au niveau du compte.
Dans les deux cas, le principe est le même : Google choisit des contenus qui existent déjà en ligne et les diffuse dans vos annonces, sauf si vous dites non. À un mois du Black Friday (27 novembre 2026), voici ce qui change exactement, ce que Google ne précise pas, et ce qu'il faut vérifier cette semaine.
Deux changements, deux calendriers
| Question | Vidéos récupérées | Extraction d'images |
|---|---|---|
| Depuis quand ? | Déjà en place (aide Google modifiée vers le 21 octobre, interrupteur visible le 23 octobre) | À partir du 4 décembre 2026 |
| Quelles campagnes ? | Toutes les nouvelles campagnes, et « peut-être » certaines campagnes existantes | Les nouvelles campagnes uniquement ; les existantes gardent leur réglage |
| D'où viennent les contenus ? | Réseaux sociaux, page de destination, chaîne YouTube liée | Images en haute résolution trouvées sur vos pages de destination |
| Combien ? | Jusqu'à 10 vidéos par groupe d'éléments | Non précisé |
| Où se règle le refus ? | Campagne par campagne | Campagne par campagne, le réglage du compte ne suffit plus pour les nouvelles |
Les vidéos récupérées
La page d'aide de Google est explicite : « Sourced videos are enabled by default for all new campaigns. » Elle ajoute une phrase qui concerne aussi les campagnes déjà en diffusion : si vous voyez le réglage actif sans l'avoir coché, il « a peut-être été activé automatiquement sur certaines campagnes existantes » lors d'une mise à jour récente de la plateforme. Google ne dit ni lesquelles, ni quand.
Le fonctionnement décrit est le suivant : l'IA de Google repère des vidéos jugées pertinentes dans les sources approuvées, les choisit selon leur rapport avec la campagne, leur potentiel et leur format, et les renouvelle régulièrement. Elles s'ajoutent à celles que vous avez importées. Pour être diffusées, ces vidéos sont publiées sur une chaîne YouTube détenue par Google mais présentée à votre nom et avec votre logo. La fonction demande un budget quotidien supérieur à 5 dollars.
Un point reste flou, et Google ne l'éclaire pas : la même page dit que la fonction est active par défaut et que vous devez « approuver les sources » de votre portefeuille vidéo pour autoriser Google à les utiliser. On ne sait pas si, sur une campagne activée automatiquement, votre page de destination ou votre chaîne YouTube comptent déjà comme approuvées. Dans le doute, partez du principe qu'elles le sont et vérifiez.
L'extraction d'images
Le 21 octobre, l'équipe de l'API Google Ads a publié sur son blog que l'extraction d'images sera activée par défaut pour les nouvelles campagnes Performance Max à partir du 4 décembre 2026, dans l'interface, dans Google Ads Editor et par l'API. Le changement important tient dans une précision : ce nouveau défaut s'applique même si les images dynamiques sont désactivées au niveau du compte. Jusqu'ici, une campagne sans réglage propre suivait le choix du compte. Ce ne sera plus le cas pour les campagnes créées après cette date.
Les images retenues peuvent apparaître sur le Réseau de Recherche, YouTube, le Réseau Display, Discover, Gmail et Maps. Les campagnes Performance Max existantes conservent leur configuration actuelle. Le billet emploie tantôt « à partir du 4 décembre », tantôt « créées après le 4 décembre » : le sort d'une campagne créée le jour même n'est pas tranché. Le plus simple est de considérer qu'elle est concernée.
Ce que Google ne dit pas
- Aucun chiffre de performance n'accompagne ces deux changements. Google parle d'enrichir les éléments créatifs et d'élargir la portée, sans donnée publiée.
- Aucun aperçu avant diffusion n'est annoncé : on ne sait pas quelles vidéos ou quelles images seront retenues avant qu'elles ne tournent. Les résultats apparaissent ensuite dans le rapport des éléments.
- Les droits restent à votre charge. Pour l'extraction d'images, Google demande à l'annonceur de confirmer qu'il détient les droits ou autorisations sur les images publiées sur ses pages. Pour les vidéos, la page d'aide ne dit rien de la musique sous licence ou des contenus de créateurs. Une vidéo prévue pour vos réseaux, avec un morceau autorisé pour un usage non publicitaire, peut se retrouver dans une annonce payante.
- Aucune annonce officielle n'a été faite pour les vidéos : c'est la modification de la page d'aide, repérée par des spécialistes, qui a révélé le changement.
Pourquoi c'est un sujet avant le Black Friday
Une boutique qui prépare sa période de fêtes soigne ses visuels : prix barrés à jour, produits disponibles, ton de la marque. Les contenus récupérés automatiquement échappent à cette préparation. Une vidéo publiée sur Instagram au printemps peut montrer un produit épuisé ou un ancien tarif. Une image de votre page d'accueil peut être une photo achetée sous licence pour le site seulement, ou le visuel d'un fournisseur. Et pendant le pic de ventes, ce sont précisément les annonces qui tournent le plus.
Il y a aussi une question de lecture des résultats. Si les performances d'une campagne bougent fin novembre, il faut savoir si ce sont vos créations ou celles ajoutées par Google qui ont fait la différence. C'est le même raisonnement que pour les autres réglages activés par défaut ces dernières semaines : les promotions ajoutées automatiquement par Google Ads depuis le 12 octobre, la navigation produit activée par Meta le 28 octobre et la réécriture des annonces dans ChatGPT. Aucun n'est mauvais en soi. Chacun mérite une décision consciente plutôt qu'un réglage subi.



